Au coeur de la ville


La faune est présente aussi en ville. Parfois, en plein coeur de la fourmilière, un bon gag naturaliste peut se présenter.

Avifaune > Charadriiformes > Laridae

22/3/2017. Hurlements sur les toits de Toulon. Un couple de Goélands leucophées (Larus michahellis) se montre très démonstratif et très bruyant... au désespoir d'une partie de la population. La presse quotidienne locale va pouvoir ressortir son article annuel sur les méfaits du "Gabian", cyclique gibier de potence médiatique sur la rade. En avant pour une énième charge d'adrénaline populiste anti-écologique où les problèmes de cohabitation avec la faune libre se règlent toujours par la peine de mort. Le ou la journaliste en appelant souvent au "coup de chevrotine", même à l'encontre d'une espèce légalement protégée...

Avifaune > Passeriformes > Muscicapidae

15/2/2017. Il arrive, même en ville, qu'un oiseau se trouve hors de son aire de répartition habituelle, et parfois même de très loin. L'occasion est alors belle de croiser certaines espèces ou sous-espèces rares ou occasionnelles.

Voici une sous-espèce orientale pas commune en France de Rougequeue noir observé à Antibes au port Vauban : le Rougequeue noir oriental Phoenicurus ochruros phoenicuroides. Il n'est même pas présent dans le Guide ornitho, mais on le trouve bien dans le récent Tous les oiseaux rares d'Europe (JIGUET & AUDEVARD, éd. Delachaux et Niestlé, 2016).


J'ai trouvé ce piaf, un mâle de 2e année civile, grâce à la base de données Faune-Paca où sont présentes des observations depuis quelques semaines. Une recherche dans la revue Ornithos montre qu'il n'existait jusque-là que deux observations attestées de cette sous-espèce (ssp) en France : l'île d'Yeu en Vendée (2011) et le département du Gard (2015).

La ssp niche entre Ouest de la Chine, frange Est de l'Asie centrale, Iran et Afghanistan. Elle hiverne d'Inde à Afrique de l'Est. À titre indicatif, on peut considérer que le petit bougre d'Antibes a décalé le cap de sa trajectoire d'hivernage d'environ 45° dans le sens des aiguilles d'une montre. Bref, il se retrouve en stationnement plein Ouest de son aire de reproduction au lieu d'être au Sud-Ouest !

Dans Ornithos, il est précisé que l'identification de cette ssp n'est pas facile en raison de l'existence d'oiseaux hybrides Rougequeue noir x Rougequeue à front blanc ! Le moyen recommandé pour différencier hybride et ssp phoenicuroides est de passer par la formule alaire, c'est à dire calculer le rapport entre les distances de certaines plumes (rémiges primaires).

Donc avec les photos présentées ici, l'identification n'est pas possible, il faut prendre l'oiseau de dos et de dessus afin de pouvoir faire les mesures et calculer le rapport, ce qui a été fait ici par Aurélien Audevard, ornithologue de la LPO-PACA.

Observation intéressante, oiseau peu farouche, et belle occasion de faire progresser ses connaissances en ornitho, tiercé gagnant grâce à un petit baroudeur au cap approximatif