Les Mantes

[Màj 13/8/2016 : Oothèque de Mante ocellée]  Au cours de mes prospections naturalistes estivales et automnales, mon attention se porte aussi sur les élégantes Mantes.

 Oothèque de Mante ocellée (Iris oratoria), La Garde, 13/8/2016
Classification et paléontologie

Les Mantes font partie du super-ordre Dictyoptera qui comprend les ordres ou sous-ordres des Mantodea (Mantes proprement dites et empuses) et Blattodea (Blattes et Termites). Mantes, Blattes et Termites sont donc cousins-cousines.

Les Blattes et Termites étaient jusqu'en 2011 séparées en deux ordres différents, respectivement Blattodea et Isoptera. L'évolution de la phylogénétique a intégré les Termites dans l'ordre des Blattes.

Les scientifiques ont longtemps cru que les plus anciennes étaient chronologiquement les détritivores Blattes et Termites suivies par les prédatrices que sont les Mantes.

Mais là aussi, comme ailleurs en science, beaucoup a été chamboulé ces dernières années. Il s'avère que c'est le groupe des Mantes le plus ancien, avec quelques 300 millions d'années au compteur, suivi par les Blattes (275 MA) et les Termites (150 MA). Chez les Dictyoptères, les prédateurs sont ainsi plus "primitifs" que les détritivores. L'aristocrate archaïsé par les éboueurs quoi ! 

Moi, je m'en fiche, je dis ça un peu par "provoc", mais je suis certain que ça va en vexer quelques-uns qui ont tendance à faire du prédateur une sorte d'aboutissement de l'évolution. Mais il n'en n'est rien, car celle-ci ne connaît nulle hiérarchie. La vie est une fédération écologique, ni pacifiste ni guerrière, ou les deux à la fois, pas un ordre pyramidal.

Identification

Pour identifier les Mantes, j'utilise la Clé de détermination simplifiée des Mantes de la région PACA, produite par Faune-Paca et dont le pdf est disponible gratuitement.

Huit espèces sont déterminables avec cette clé, dont j'extrais la liste ci-dessous :


NB : La Mante tuberculée est, selon insecte.org, "une espèce mythique pour la France". Et pour cause, elle n'a été observée qu'une fois en 1860 sur la presqu'île de Giens, dans le Var, avec la capture d'un couple, ce qui a permis la description de l'espèce. Elle est considérée comme "endémique éteinte" en France par l'INPN (Inventaire national du patrimoine naturel) depuis 2007.

Sources des données classification et paléontologie

Espèces observées

Mante ocellée (Iris oratoria)

13 août 2016. Je trouve sur une barrière de la piste cyclable qui longe le Plan de La Garde une oothèque de Mante ocellée.


Cette banque d'oeufs est vide, mais elle prouve la présence et la reproduction de l'espèce au Plan de La Garde.

25 juillet 2016, une Mante ocellée se juche sur un oignon dans un jardin privé de la ville de La Garde.



Mante décolorée (Ameles decolor)

31 juillet 2016 : observation de deux individus, 2,5 cm de long, sur végétation sèche, un sur talus de chemin de fer, l'autre en bas d'un roncier, zone du Petit Pont (La Garde, 83).

Observée le 24 juillet 2016 dans la zone humide du Petit Pont (La Garde, 83), la discrète créature d'un peu moins de 2 cm de long est un mâle (corps mince et 4 grandes ailes) juvénile (vu la taille). Elle ne s'est "trahie" que par sa fuite devant mes pieds. J'ai d'abord crû avoir affaire à un criquet, et j'ai eu la surprise de constater que c'était une Mante qui avait fait le saut.




Installée dans la végétation bien fleurie, littéralement "fleur bleue", la Mante se remets vite en affût, le piège mortel est en place, tout en postures d'une grâce indéniable.